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Notre emblème

Ce que dit
notre écusson

Un emblème n'est pas un habillage. Celui-ci a été composé élément par élément, et chacun répond à une question que l'on nous pose : qui roule, sur quoi, au nom de quoi, et en mémoire de qui.

Deux de ces symboles — la croix de Lorraine et la flamme du Soldat inconnu — ne nous appartiennent pas. Ils appartiennent à l'histoire de France. Raison de plus pour dire précisément ce qu'ils y signifient, et ce que nous n'en revendiquons pas.

Emblème rond des Motards Patriotes : deux motards, un homme et une femme, devant
                un drapeau français frappé de la croix de Lorraine, montagnes, château fort,
                borne portant les valeurs du groupe, flamme et ailes en partie basse, couronne
                portant les mots Liberté, Solidarité, Fraternité.
L'emblème complet. Il sert d'écusson brodé pour les membres à jour de cotisation.
Au centre

Deux motards —
un homme, une femme

Ils sont deux, et ce n'est pas un détail de composition. Ils conduisent tous les deux, de front, au même plan.

Le cliché de la moto voudrait qu'un groupe de motards soit un groupe d'hommes, et que la femme y soit passagère. Nous avons refusé de le reconduire. Sur l'emblème, la femme n'est pas derrière : elle est sur sa machine, casque intégral, main sur les commandes, à hauteur de l'autre. Un emblème dit qui l'on accepte avant même que le règlement ne le dise.

Derrière eux, le peloton. Personne n'est seul sur cette image, et personne n'est devant : ce n'est pas un chef suivi d'une troupe, c'est un groupe. Cela vaut consigne de route autant que déclaration — l'article 14 du règlement intérieur parle de rouler ensemble, pas de rouler derrière.

Les machines

Un custom,
une roadster

Deux motos que tout oppose, côte à côte, volontairement.

À gauche, un custom : fourche longue, guidon haut, position posée. À droite, une roadster moderne, compacte, ramassée. Dans le milieu de la moto, ces deux mondes se regardent parfois de travers, et chacun a son vocabulaire pour désigner l'autre. Nous avons mis les deux au premier plan, à la même taille.

Aucune cylindrée n'ouvre ni ne ferme la porte. Ni le prix de la machine, ni l'année, ni la marque, ni le permis détenu. Un 125 compte autant qu'un gros trail ; un side-car, un trike, un scooter et une machine d'occasion aussi. Et le passager, celui qui a raccroché, le mécanicien, le proche : la moto est le point de rencontre, pas le droit d'entrée. C'est pourquoi l'adhésion n'exige ni permis ni machine — seulement la cotisation et la parole tenue.

Les couleurs

Bleu, blanc, rouge —
jusque sur le bitume

Les trois couleurs ne sont pas posées en bandeau décoratif dans un coin. Elles occupent le ciel, elles éclaboussent la route, elles traversent toute l'image.

Le choix est délibéré : le tricolore n'est pas notre logo, c'est notre décor. Il est ce dans quoi nous roulons. Nous n'avons pas ajouté la France à une image de motards, nous avons placé des motards dans une image de France — montagnes, forêt, lac, village au bord de l'eau, viaduc, château sur son éperon. Ce sont les routes que nous prenons réellement, et le patrimoine qui les borde est l'un des quatre axes de l'Appel.

Une précision qui a son importance : les couleurs de la République ne sont la propriété de personne. Les arborer ne nous distingue pas des autres Français, cela nous range avec eux. Un emblème patriote qui ferait du drapeau un signe de camp trahirait le drapeau.

Sur le donjon

Le drapeau français

En haut à droite, sur la tour du château, un vrai drapeau — en tissu, sur un mât, hissé sur un bâtiment.

La distinction avec le fond tricolore n'est pas cosmétique. Le fond, ce sont des couleurs ; le drapeau, c'est un emblème officiel, celui de l'article 2 de la Constitution. Il flotte ici où il flotte partout en France : sur un édifice, au-dessus de ceux qui y vivent. Pas brandi, pas drapé sur des épaules, pas transformé en cape. Hissé.

Le château lui-même n'est pas un symbole de puissance. C'est un bâtiment ancien, encore debout, encore entretenu, encore habité par le pays autour. Beaucoup de nos sorties finissent devant un de ceux-là.

Au sommet

La croix
de Lorraine

C'est le symbole le plus chargé de l'emblème, et celui sur lequel nous devons être le plus précis. Voici son histoire, et voici pourquoi nous l'avons retenue.

D'où elle vient

La croix à deux traverses est d'abord un meuble héraldique ancien, présent sur les armes des ducs de Lorraine. Elle devient un symbole national le 1er juillet 1940, à Londres : le vice-amiral Émile Muselier, premier officier général à rejoindre le général de Gaulle, la propose comme emblème de la France libre, en présence du capitaine de corvette Thierry d'Argenlieu. Il s'agissait, selon la formule restée, de trouver une croix à opposer à la croix gammée. Muselier, dont le père était lorrain, l'officialise par son ordre général n° 2 du 3 juillet 1940 : pavillon bleu frappé de la croix en rouge pour les navires, cocarde à croix de Lorraine pour les avions.

Elle se retrouve ensuite sur la croix de la Libération, sur la médaille de la Résistance, sur les insignes de la 2e DB. Elle est le signe de ceux qui ont refusé que la défaite soit la fin de la France.

Pourquoi nous l'avons prise

Parce qu'elle ne dit pas la gloire, elle dit le refus de l'abandon. En juillet 1940, tout était perdu et une poignée d'hommes a choisi de continuer. C'est exactement l'état d'esprit que nous revendiquons face à ce que nous estimons abandonné : des campagnes, des routes, des services, un métier agricole, une liberté de rouler.

Et parce que son origine interdit tout malentendu : cette croix a été choisie contre une croix gammée. Un groupe qui la porte s'oblige. Ce n'est pas un ornement, c'est un engagement historique dont on ne peut pas se réclamer à moitié — et c'est la raison pour laquelle la ligne rouge de notre charte ne souffre aucune exception.

Sources : Ordre de la Libération · Fondation Charles-de-Gaulle · Centre d'histoire de la Résistance et de la Déportation, Lyon

En bas, entre les ailes

La flamme
du Soldat inconnu

La petite flamme qui brûle au centre de la partie basse n'est pas une flamme décorative, ni une flamme de moteur. C'est celle de l'Arc de Triomphe.

Ce qu'elle est

Au sortir de la Grande Guerre, la dépouille d'un soldat non identifié est placée sous l'Arc de Triomphe pour honorer, à travers lui, le million quatre cent mille morts de ce conflit. Pour que cette tombe ne meure pas une seconde fois d'indifférence, une flamme y est allumée le 11 novembre 1923 par André Maginot, ministre de la Guerre, sur une idée du journaliste Gabriel Boissy.

Depuis ce jour, elle ne s'est jamais éteinte. Elle est ravivée chaque soir, à 18 h 30, par le Comité de « La Flamme sous l'Arc de Triomphe, Flamme de la Nation », qui fédère des centaines d'associations d'anciens combattants. Le cérémonial n'a jamais cessé, y compris sous l'Occupation. L'hommage, d'abord rendu aux morts de 1914-1918, s'est étendu à tous ceux qui sont morts pour la France, jusqu'aux opérations extérieures d'aujourd'hui.

Pourquoi elle est sur notre emblème

Parce qu'un groupe qui parle de patrie doit d'abord savoir à qui il la doit. Nous roulons sur des routes tenues par d'autres avant nous, et la flamme est le rappel le plus sobre qui soit : une petite lumière, entretenue tous les soirs, par des gens qui se déplacent. Pas un monument — un geste répété.

Elle est aussi, depuis la Seconde Guerre mondiale, un symbole d'espérance. C'est dans ce double sens que nous la portons : mémoire de ceux qui sont tombés, confiance dans ce qui reste à faire. Les ailes qui l'encadrent sont celles des insignes de route ; la flamme, elle, ne nous appartient pas.

Sources : Centre des monuments nationaux, Arc de triomphe · ministère des Armées · Comité de la Flamme sous l'Arc de Triomphe

Autour

La borne
et la couronne

La borne : route, partage, respect, valeurs, toujours plus loin

À gauche, une borne de bord de route, en pierre, usée. Le format n'est pas innocent : une borne ne commande rien, elle indique. Elle est là avant nous et restera après, et elle ne sert qu'à celui qui passe. Nos cinq mots y sont gravés comme on grave une distance — pour être lus en roulant.

La couronne : liberté, solidarité, fraternité

En haut du cercle, trois mots séparés d'étoiles. Deux viennent de la devise républicaine, le troisième — solidarité — est celui que nous ajoutons, et c'est notre axe de fond : la solidarité nationale. La couronne ferme le cercle, comme on boucle une boucle.

« Pour une France belle et forte »

En bas du cercle, notre phrase. Belle avant forte, et dans cet ordre : la force sans la beauté n'est qu'une puissance, et ce n'est pas ce que nous demandons à notre pays.

« Route et Patrie »

Manuscrit, à droite, comme une signature. Deux mots, une conjonction : nous ne choisissons pas entre les deux et nous ne subordonnons pas l'un à l'autre. Le reste du groupe découle de cette phrase.

Aussi important que le reste

Ce que cet emblème
ne dit pas

Employer des symboles qui appartiennent à l'histoire de France oblige à dire où s'arrête ce qu'on en tire. Voici les quatre limites, et elles sont fermes.

  1. La croix de Lorraine n'est pas ici un symbole religieux. Elle est présente au titre de son histoire de 1940 : l'emblème de la France libre. Nous ne revendiquons aucune appartenance confessionnelle et n'en demandons aucune à nos membres.
  2. Elle n'est l'insigne d'aucun parti. Elle a servi et sert encore à plusieurs familles politiques. Nous ne prétendons ni à un héritage, ni à une filiation, ni à une exclusivité : nous reprenons le geste de 1940, pas une étiquette.
  3. La flamme est un hommage, pas une accréditation. L'Association n'a aucun lien avec le Comité de la Flamme sous l'Arc de Triomphe et ne parle pas en son nom. Nous ne sommes pas non plus une association d'anciens combattants et nous ne nous en réclamons pas : nous sommes des civils qui se souviennent.
  4. Rien ici ne désigne une race, une origine ou une religion. Aucun élément de cet emblème ne dit qui est français et qui ne l'est pas. Quiconque porterait ces couleurs pour soutenir le contraire irait contre l'article 2 de la charte — racisme, suprémacisme, incitation à la haine — dont la violation entraîne la radiation, sans avertissement préalable.

Sur le respect dû à ces symboles

La flamme du Soldat inconnu et la croix de Lorraine sont des symboles mémoriels. Les porter engage à une tenue : pas de détournement, pas d'usage commercial hors de nos propres supports, pas d'association avec un message que les intéressés désavoueraient. Si l'un de nos visuels vous paraît manquer à cette exigence, écrivez-le nous à contact@motards-patriotes.fr — nous corrigerons.

Qui peut le porter

Un emblème
se mérite

Il existe sous plusieurs formes, et toutes ne sont pas ouvertes aux mêmes personnes. Ce n'est pas une hiérarchie de valeur, c'est une question de cohérence : un signe qui atteste une appartenance n'a de sens que porté par ceux qui l'ont.

  • L'écusson brodé, cœur 9 cm et dorsal 30 cm, est réservé aux membres adhérents à jour de cotisation. L'acquérir n'est pas un achat : c'est l'engagement de le porter dans les conditions de l'article 15 du règlement intérieur. Voir les écussons →
  • L'image de profil et les fonds d'écran reprennent le même emblème et se téléchargent librement : ils affichent un soutien à nos idées, et ils sont faits pour circuler. Ils n'attestent en revanche aucune qualité de membre : les visuels datés et nominatifs sont réservés aux adhérents, dans l'espace qui leur est réservé.
  • L'autocollant et le drapeau restent en vente libre : ils affichent un soutien, ils n'attestent pas une appartenance.